• "Je suis allé voir"

    « Le cas Richard Jewell » de Clint Eastwood.

     

    Eastwood est pleinement américain, patriote, républicain et... humaniste. Il le démontre encore dans ce 38ème film une fois de plus totalement maîtrisé. Sur un sujet traitant de faits réels survenus pendant les Jeux Olympique d'Atlanta en 1996, Eastwood nous emmène sur le terrain de l'émotion, sans en faire des tonnes. Il actionne les mécanismes de l'empathie avec pudeur et un humanisme sincère, je le pense. Le film doit aussi beaucoup au trio d'acteurs qui donnent à leurs personnages une vérité portée par leur chair et leur présence tellement humaine !!

     

    Paul Walter Hauser dans le rôle titre, est formidable dans sa capacité à nous amener à l'empathie que nous éprouvons à son égard. Sam Rockwell, acteur que j'aime de plus en plus, impose brillamment sa présence cool et rassurante. Kathy Bates incarne magnifiquement cette maman apeurée, dotée d'un instinct animal protecteur, comme beaucoup de mères, me direz-vous !

     

    Bien sûr, certains trouveront ce film très, trop américain et tirant sur la corde sensible, mais j'ai passé un peu plus de deux heures devant un bon film qui ne révolutionne rien, mais qui peut stimuler notre réflexion, notamment sur la manière de travailler des médias il y plus de 20 ans, médias dont les dérives ne font que s'accroître, en particulier à cause des réseaux sociaux.

     

    « Un divan à Tunis » comédie de Manele Labidi dont c'est le premier long métrage. C'est sympathique quoiqu'un peu long et peuplé de personnages pittoresques qui donnent corps à ce film. Mais c'est Golshifteh Farahani qui retient 80% de mon attention autant pour ce qu'elle est humainement que pour sa beauté. Elle fait partie de ces actrices qui à elles seules, me font aller voir tel ou tel film, quand elles en sont les interprètes.

    Mention à Feriel Chamari dans le rôle de la patronne du salon de coiffure, qui fait montre d'un bel entrain.

     

    « Séjour dans les monts Fuchun » long métrage chinois de Gu Xiaogang. Ce film est le premier volet (on s'en rend compte à la fin) d'une œuvre ambitieuse qui commence de manière superbe. La vie d'une famille de la classe moyenne chinoise y est montrée dans son quotidien au rythme des saisons et du fleuve tranquille qui borde Fuyang, ville de plus de 600 000 habitants. Je pense que Gu Xiaogang, jeune cinéaste trentenaire dont c'est le premier film, a voulu rendre un hommage à une forme de lenteur contemplative et y a parfaitement réussi. Les mouvements de caméra sont très beaux, et certains plans fixes comme des respirations méditatives, nous laissant admirer des paysages entre terre et eau, ici fleuve, montagne et nature arborée. De plus, c'est fait sans maniérisme ni ostentation. Alliée à la créativité, la technique cinématographique peut aussi susciter une belle émotion ; ainsi un plan-séquence de plusieurs minutes qui, du fleuve, suit deux amoureux, l'un nageant, l'autre marchant, tout cela en un magnifique travelling qui les emmène jusqu'à une espèce de guérite ; un autre plan part de la fenêtre d'un immeuble en démolition et entre dans un appartement abandonné dans un mouvement d'une grande fluidité.

    Vous vous doutez bien que j'attends la suite de cette œuvre avec... patience.

     

     

     

     

     


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