« La fièvre de Petrov » film russe de Kirill Serebrennikov. Après « Leto » œuvre joyeuse et très originale que j'avais beaucoup aimée, Serebrennikov nous propose un film foisonnant que les russes comprendront certainement mieux que nous autres, occidentaux souvent matérialistes. Il faut sans doute être imprégné de la fameuse « âme russe » pour éprouver une émotion « digne » des affres nocturnes du personnage principal.
Le film navigue sans cesse entre présent et passé, fantasmagorie et réalité. Visuellement c'est assez impressionnant, parfois éprouvant et j'ai même ressenti une certaine empathie avec les protagonistes vivant dans une Russie souvent violente, très froide (l'action se déroule en hiver, la nuit) où l'alcool est une échappatoire, certes empoisonnée, mais fréquemment inévitable pour un peuple à la recherche d'un mieux vivre dont on a l'impression qu'il sera difficile à atteindre.
Le travail de Serebrennikov est admirable, quand on connaît les conditions de tournage assez particulières auxquelles il doit s'astreindre ; pour « La fièvre de Petrov » le tournage avait lieu la nuit, après des journées passées au tribunal pour un procès le concernant.