« Bowling Saturne » de Patricia Mazuy.
La violence est de toutes les époques ; aujourd’hui elle est exacerbée par les réseaux sociaux, la chaîne C8, entre autres médias qui l’exploitent pour en tirer un profit nauséabond ; elle ne se cache donc pas, se livrant à tous, y compris aux plus jeunes, pour peu que que l’on relâche sa vigilance. La commission de classification des films l’a bien compris en interdisant ce long métrage aux moins de 16 ans. Est-ce assez efficace ? Ma naïveté a ses limites, mais c’est un garde-fou qui existe.
Dans son film, Patricia Mazuy (« Saint-Cyr » en 2000 avec Isabelle Huppert ou « Paul Sanchez est revenu ! » en 2018 avec Laurent Lafitte) pointe la violence masculine à travers notamment un tueur de femmes en série et des chasseurs « haut de gamme » allant causer leurs méfaits jusque dans la savane africaine et s’en vantant bruyamment ! Dans ce bowling filmé la nuit, la violence s’insinue dans la plupart des plans, imprimant un climat oppressant donc peu confortable. Par ces images parfois très difficiles, Patricia Mazuy interroge notre regard face à cette violence qui fascine, même si elle nous révulse, bon nombre d’entre nous.
Une des missions du cinéma n’est-elle pas justement de nous interpeler et de nous faire réfléchir à notre environnement et à la façon que nous avons de nous y déplacer ?
Le personnage de la militante écologiste est un contrepoids bien faible à ce déferlement mais il est là, peut-être pour permettre à l’espoir d’avoir un rôle dans cette histoire...