« Babylon » cinquième long métrage de Damien Chazelle. Babylone est connue comme ancienne capitale de la Mésopotamie, fastueuse durant plusieurs siècles et ayant été abandonnée au début de l’ère chrétienne. Splendeur et déclin donc, elle est devenue le symbole de la grandeur et de la décadence.
Chazelle la prend comme référence à ce qu’il nous montre : les débuts étincelants d’Hollywood notamment des années 1920 au début des années 1930 et le destin parfois tragique de ses stars. L’hyperactivité des studios, l’arrivée du cinéma parlant, les fêtes débridées de ce milieu artistique, tout cela est filmé par le cinéaste américano-français qui prend le parti de la démesure et du burlesque, exprimant son amour pour le septième art avec toute la fougue qui peut animer un jeune énamouré. Comme dans ses films précédents (« Whiplash », « La La Land » …) Chazelle a un grand sens de l’image, de la mise en scène, bref c’est un surdoué ! Toutefois, son film ne m’a complètement enthousiasmé ; certains plans répétitifs, des mouvements de caméra un peu trop nerveux cèdent parfois à une facilité qu’il pourrait nous épargner. Cela n’empêche pas le plaisir pris à la vision de cet opus spectaculaire de plus de trois heures qui ne paraissent pas pesantes.
Lors d’une séquence où Tobey Maguire livre une performance remarquable, nous parcourons un dédale de souterrains de plus en plus glauques et j’ai eu l’impression de pénétrer dans un film parallèle à cette histoire, même si elle s’imbrique dans le scénario écrit par Damien Chazelle, auteur complet.
Il fallait l’appui financier d’un grand studio hollywoodien justement – Paramount Pictures - pour donner corps à ce projet ambitieux dans lequel Margot Robbie montre encore l’étendue de son grand talent ; à 32 ans, cette actrice australienne est devenue l’une des plus brillantes de sa génération. Espérons qu’elle saura résister aux féroces appétits de cette industrie.
Le leitmotiv musical égrené au piano rappelle beaucoup « La La Land ». C’est normal me direz-vous puisque c’est le même Justin Horwitz qui le signe. Heureusement, les nombreux morceaux jazzy de ce compositeur attitré de Chazelle, participent pleinement à l’ambiance de ce film.
A la fin, dans un émouvant et rapide défilé d’images cinématographiques, Damien Chazelle nous dit que le cinéma n’est pas mort...