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« Emilia Perez » de Jacques Audiard. Au Mexique, un chef de cartel ultra violent « prie » une avocate désenchantée de faciliter son changement de sexe.

Jacques Audiard est un maître, c’est incontestable. Il réalise depuis son premier long métrage, « Regarde les hommes tomber », il y a trente ans, en moyenne un film tous les dix ans ; c’est donc son dixième. Pour cette fois, il a choisi de raconter une histoire de transsexualité sous une forme musicale. Je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec « Annette », superbe film de Leos Carax sorti en 2021. Si leurs formes sont différentes, il s’agit dans les deux cas de thèmes dramatiques habillés de musique qui les porte vers une sorte d’incandescence. Si le talent de ces deux cinéastes se vaut, la partition des Sparks pour « Annette » m’avait davantage impressionné que celle de Camille et Clément Ducol. Juste une affaire de goût tant les mises en scène sont brillantes !

En aparté, les acteurs et actrices de la trilogie du "Parrain" ne chantaient pas mais la musique de Nino Rota renforçait admirablement la dramaturgie de ce chef d'oeuvre !

« Emilia Perez » a remporté les prix du jury et d’interprétation féminine pour les quatre actrices au dernier festival de Cannes. Ici, les hommes existent peu et Audiard filme exclusivement ces femmes aux destins dissemblables. On a souvent comparé le film aux « soap opéras » ou « Telenovelas » mais c’est bien la dimension tragique qui l’emporte, faisant de ce film un opéra funèbre de toute beauté.

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