
« Annette » de Leos Carax. Cinéaste de 60 ans, Carax signe là son sixième long métrage depuis « Boy meets girl » en 1984. C'est peu dire que la rareté de son œuvre suscite l'attente qu'ont les cinéphiles qui aiment ce réalisateur et, pour nombre d'entre eux, l'enthousiasme des retrouvailles !
« Holly motors » en 2012, soit neuf années à s'interroger sur ce que peut bien nous réserver Carax au terme d'une longue maturation, d'une longue préparation. C'est donc « Annette », prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, qui m'a procuré un formidable moment de cinéma total.
Cette fois-ci Carax ne signe que la réalisation, le scénario ayant été écrit et proposé par Ron et Russell Mael alias le groupe de pop-rock Sparks, aussi auteurs de la musique qui emmène ce film vers des fulgurances dignes de grands opéras, quand ils sont mis en scène avec maestria – je pense à Robert Carsen ou Katie Mitchell.
Les drames musicaux ne sont pas si nombreux et celui-ci rejoint les chefs-d'oeuvre que sont «Les parapluies de Cherbourg » et « Dancing in the dark » entre autres.
La force dramatique de l'histoire simple que nous raconte « Annette » est accentuée par la noirceur du personnage puissamment incarné par Adam Driver devenu un acteur majeur du moment, j'espère pour longtemps encore !
Si j'ai ressenti quelques (peu) longueurs, ceci n'enlève rien à la beauté de cette œuvre superbe que j'ai très envie de revoir.