« Onoda » film français d'Arthur Harari avec des comédiens japonais. Après « Diamant noir » (2016) que j'avais beaucoup aimé grâce à son ambiance singulière et à Niels Schneider, jeune acteur très prometteur, Arthur Harari change complètement de registre avec ce film dont vous connaissez certainement l'histoire, celle d'un officier japonais qui refuse d'accepter la fin de la guerre du pacifique, combattant absurde et dérisoire sur une île des Philippines. Cet homme devenu célèbre dans son pays, illustre bien les sens de la discipline et du sacrifice ancrés dans la culture japonaise, même s'il s'agit ici d'un cas extrême !
Harari a très bien su saisir la personnalité d'Onoda et la durée du film (2h47) nous donne à comprendre le cheminement moral de ce soldat sans doute un peu fou ! La forte amitié qui unit Onoda à son second est réconfortante. Le burlesque s'invite aussi à travers une scène ayant pour objet la convoitise de piles... je n'en dis pas plus.
Arthur Harari est un jeune cinéaste à suivre et j'ajoute que son film donne une plus-value intéressante à la production actuelle du cinéma français.
« Digger » film grec de Georgis Grigorakis dont c'est le premier long métrage.
Dans une atmosphère très humide et sombre, ce cinéaste filme un peu à l'américaine mais en préservant la culture de son pays, notamment à travers chansons et musiques traditionnelles. L'interprète principal Vangelis Mourikis dégage une belle force combative malgré son air très fatigué.
Il est à noter que ce film a reçu plusieurs récompenses dans différents pays européens.
« Titane » de Julia Ducournau. « Grave » son premier film était très original dans la démarche et m'avait beaucoup impressionné, le mettant parmi les meilleurs vus en 2017.
C'est vrai que l'on peut « classer » Julia Ducournau parmi les cinéastes qui insufflent de la nouveauté fort bien venue dans un cinéma français empêtré dans de trop nombreux films à caractère social, souvent anxiogènes !
« Titane » est dérangeant, en ce que la violence réside davantage dans l'ambiance et le propos de ce film que dans les images même si elles sont parfois dures, mais de nombreux films nous ont montré bien plus !! Ce cinéma nous fait avancer quant à la réflexion que nous pouvons avoir sur la société et le monde dans lesquels nous vivons. Néanmoins, dans ce cas, je ne me sens guère concerné par l'image du miroir tendu à nous-mêmes. Julia Ducournau nous sensibilise sur la question du genre, actuel phénomène sociologique souvent abordé dans le paysage médiatique et en cela, son cinéma s'inscrit pleinement dans les évolutions que subit notre société, c'est indéniable !
Vincent Lindon est une fois de plus parfait dans le rôle de l'homme accablé, mais c'est Agathe Rousselle qui attire et retient notre regard. Pour son premier rôle dans un long métrage, elle donne énormément d'elle-même, prenant peut-être le risque de « faire peur » aux décideurs du cinéma français.
« Le soupir des vagues » film japonais de Kôji Fukada. Il est des films pour lesquels, je pense, il ne faut pas chercher à comprendre outre mesure et se laisser emmener par les images, surtout quand les actrices et acteurs sont beaux. Ce film en fait partie, pas inoubliable mais pas désagréable non plus.