« Drive my car » film japonais de Ryusuke Hamaguchi. Le générique apparaît après une quarantaine de minutes de projection, laissant au cinéaste le temps d'une longue introduction. D'une courte nouvelle d'Haruki Murakami (50 pages), que j'ai relue hier soir après avoir vu ce film, Ruysuke Hamaguchi tire un long métrage de trois heures. Il reprend quelques éléments de la nouvelle avec précision, en modifie certains détails et amplifie largement l'histoire, lui insufflant une dimension psychologique que Murakami n'avait qu'esquissée. Dans ses livres, Murakami ne s'attarde pas sur la psychologie de ses personnages ; c'est par une description simple de leurs gestes et comportements qu'il laisse au lecteur le soin de saisir leur personnalité. Ici, Hamaguchi installe une complicité discrète entre les deux principaux protagonistes, qui trouve son apogée au terme d'une sorte de road movie enneigé, dans une catharsis qui donne au film toute sa dimension et sa force.
Hamaguchi a ainsi intensifié l'histoire imaginée par Murakami, célébrant de belles noces entre littérature et cinéma.