« Maigret » de Patrice Leconte. Dans ce film, ce n’est pas l’intrigue policière qui m’a intéressé mais ce que Patrice Leconte et Jérôme Tonnerre on fait du personnage du commissaire. C’est un Maigret fatigué, usé même, mélancolique mais profondément humain, philosophe et non dénué d’un certain humour qui nous est montré. Heureusement Madame Maigret (Anne Loiret juste et protectrice) veille sur son mari sans doute abîmé par des décennies d’enquêtes révélant les turpitudes humaines les plus sombres et par une épreuve de la vie que je révélerai pas. Mais les connaisseurs de l’oeuvre de Simenon savent.
Après Harry Baur, Pierre Renoir, Jean Gabin, Albert Préjean, Gino Cervi au cinéma, Jean Richard et Bruno Cremer à la télévision (cette liste n’est sans doute pas exhaustive) c’est Gérard Depardieu qui endosse le pardessus et le chapeau du très célèbre commissaire.
Et c’est… grandiose! On peut dire ou penser ce qu’on veut de Depardieu, c’est de mon point de vue un des plus grands acteurs français depuis l’invention des frères Lumière. Il incarne pleinement Maigret aussi bien dans la gestuelle, même sans sa pipe, que dans la démarche ou le phrasé dont il s’empare afin d’être au plus proche du personnage imaginé par Simenon. Il transmet une vive émotion, notamment dans les scènes avec Betty (Jade Labeste pétillante et touchante).
La distribution est à la hauteur de ce partenaire hors des normes, sauf peut-être Mélanie Bernier dans le rôle de Jeanine, que j’ai trouvée un peu faible. Dans son ultime rôle, André Wilms tire sa révérence dans une interprétation courte mais intense.