« The bikeriders » film américain de Jeff Nichols. Sixième long métrage de ce cinéaste indépendant – hors Hollywood – j’ai beaucoup aimé cette incursion dans le monde des bandes de motards aux Etats-Unis dans les années 1960.
Inspirée du reportage d’un jeune journaliste de l’époque, Danny Lyon, cette histoire est bien davantage que la courte épopée d’un groupe de « Hells Angels » du Nord des USA, les « Vendals of Chicago ». Les personnages sont fortement incarnés et s’ils n’attirent pas la sympathie, leur philosophie de groupe se réduisant à l’alcool et à la violence, certains laissent entrevoir des failles qui les ramènent à une humanité touchante. Touchante en particulier chez Kathy, femme au caractère bien affirmée qui livre une bataille pour garder son homme. Dans ce rôle, Judie Comer que j’avais remarquée dans « Le dernier duel » de Ridley Scott, est excellente et donne aux expressions de son visage une palette d’émotions qui m’a ému.
Le jeu de Tom Hardy – Johnny – m’a parfois rappelé celui de Marlon Brando dans « Le parrain » de Coppola, ce qui n’est pas, vous en conviendrez, une mince référence !
Je suis un peu plus réservé sur Austin Butler, beau gamin à la James Dean, dont son interprétation de Benny m’a paru un brin forcée. La relation quasi filiale entre Johnny et Benny frise l’amour que pourraient vivre ces deux durs si les codes de la virilité de cette époque ne les en empêchaient ! Voir la scène éclairée d’une lumière orangée dans laquelle ils se parlent, se chuchotent même, leurs visages très près l’un de l’autre.
C'est aussi un film sur le changement d'une époque - de 1965 à 1973 - dans ce qu'il a de plus inquiétant, nous le constatons toujours actuellement!
Après « Take shelter » en 2011, qui m’avait secoué, Jeff Nichols entre dans le club des cinéastes dont je vais voir les films « les yeux fermés ».