« Miséricorde » d’Alain Guiraudie. Comme pour les frères Larrieu, je ressens toujours une excitation d’adolescent : que vais-je voir, quelle histoire singulière va me raconter Guiraudie ? Il me faut vous dire que j’aime les surprises !
Là, je n’ai pas été déçu et suis même enthousiaste.
A l’occasion des obsèques de son ancien patron, un homme revient sur les lieux de sa jeunesse… Guiraudie orchestre ce qui suit avec son regard, celui d’un homme amoureux des hommes qu’il filme avec appétit y mêlant un sens du burlesque qui parfois dédramatise et décale le propos. Ses personnages – il écrit ses films – sont tous ambigus et c’est principalement en cela que réside tout l’intérêt de ce dernier opus.
Une scène de confessionnal a particulièrement retenu mon attention par une humanité placée très haut, qui peut entraîner quelques désaccords dans nos consciences de par notre culture judéo-chrétienne ! Nonobstant l’image « sondeur des âmes » du prêtre (en général), celui-ci n’est pas moralisateur, ou plutôt il le serait en sens inverse – c’est un peu alambiqué, mais allez voir le film.
Vous l’aurez compris, « Miséricorde » suscite une profonde réflexion, notamment sur la culpabilité assortie à la punition qui doit en découler...
Parmi les acteurs peu connus mais tous excellents, Catherine Frot s’intègre parfaitement à l’univers de Guiraudie qui s’affirme comme l’un des créateurs les plus captivants du cinéma français.